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Pamya Prod présente
Monsieur Georges

Dans le cadre du concours "Au théâtre ce soir".  

 

Un homme (Marc Menil) assis à un riche bureau lit un long rapport qu'on lui a rendu le matin même. Il se trouve dans une vaste pièce tout aussi somptueuse. Les murs qui l'entourent sont couverts de fines tapisseries dorées aux ornementations minutieuses; les grandes fenêtres aux encadrements de bronze sont accompagnées de long et lourds rideaux de velours rouges; les nombreux meubles sont tous du meilleur bois possible plaqués d'or. Plusieurs petits bureaux et autres tables de travail surchargées de dossier ont été soigneusement déposées dans la salle sans que rien n'ait été laissé au hasard. Et sur les murs, de grands miroirs digne de la Galerie des Glaces alternent avec d'impressionnantes toiles de maîtres. Pour éclairer le tout, un immense lustre de diamants est suspendu au plafond. En bref, une salle de travail comme on n'en voit que très rarement.  

 

Toc. Toc. Toc.  

Trois coups. Gérard Georges relève la tête.  

 

GERARD GEORGES  

Vous pouvez entrer, je vous attendais.  

 

La porte massive à double-battants s'ouvre et un homme en costard (Robert Angier) s'avance rapidement jusqu'au bureau de monsieur Georges, une mallette à la main, et le salue.  

 

GERARD GEORGES  

Asseyez-vous, Charles. Alors, ce bilan ?  

 

Charles Armand s’exécute immédiatement et pose sa mallette sur le bureau. Il commence à en sortir plusieurs feuilles et rapports, en tend certains à monsieur Georges et garde les autres. Il sort de sa poche de veste ses lunettes et les met soigneusement sur son nez, avant de prendre la parole.  

 

CHARLES ARMAND (grave)  

Monsieur le Président, la situation est au plus grave. Comme nous nous en doutions, le taux de chômage a encore augmenté ce mois-ci, tout comme notre dette d'ailleurs. De plus, nous connaissons une croissance proche de zéro, nous qui visions les deux pourcents… Baisse de la criminalité, c'est très bien… Mais aussi baisse des opinions qui vous sont favorables dans les sondages, seuls quinze pourcent des citoyens vous font encore confiance…  

 

GERARD GEORGES (se prend la tête dans les mains, désespéré)  

Je m'y attendais à vrai dire… Je ne sais vraiment plus quoi faire… Nous faisons du mieux possible face à la crise, mais cela ne suffit encore pas au peuple. Monsieur le peuple en voudrait plus, toujours plus, alors que nous sommes parmi les états qui s'en sortent le mieux… A-t-il seulement une idée du casse-tête que représente la gouvernance de ce pays ?  

 

CHARLES ARMAND  

Si je peux me permettre monsieur le Président, en votant pour nous « monsieur le peuple » nous a confié la mission de le résoudre, ce casse-tête.  

 

GERARD GEORGES (légèrement énervé)  

Et peut-être que vous avez une idée pour le résoudre ?  

 

CHARLES ARMAND (toujours très calme)  

Comme je vous l'ai déjà dit, notre politique est beaucoup trop souple, monsieur le Président. Si j'étais vous, je l'affermirais d'avantage.  

 

GERARD GEORGES  

Sauf que vous n'êtes pas moi, vous n'êtes que mon Premier Ministre. Et comme je vous l'ai déjà dit, nous ne sommes pas un parti extrémiste!  

 

CHARLES ARMAND (le ton monte brutalement)  

En effet, je suis votre Premier Ministre. Mais ça pourrait très bien changer dans les jours à venir.  

 

Charles Armand se lève brutalement de sa chaise, range tous ses papiers dans sa mallette et quitte la pièce, non sans claquer la porte.  

Gérard Georges maintenant seul se lamente sur son sort. Si son Premier Ministre l'abandonne, il perdra le peu de soutient qu'il avait et ce sera la fin pour lui… Et puis pire que le soutient, il la perdrait, elle… Il n'aurait plus aucun moyen de la voir, déjà que c'est difficile.  

 

On toque à la porte. Justement, c'est elle qui vient. La jeune femme (Mylène Martial) entre dans le bureau sans même attendre la réponse de Gérard et referme la porte tout doucement. Elle se retourne alors vers lui, toujours assis à son bureau, et remarque immédiatement que quelque chose ne va pas…  

 

JULIE ARMAND (suprise)  

Qu'y a-t-il Gérard? Que s'est-il passé? J'ai vu mon père sortir d'ici, c'est lui qui t'as mis dans cet état là?  

 

GERARD GEORGES (il se lève et s'approche de Julie)  

Il menace de quitter le Gouvernement…  

 

JULIE ARMAND  

Ce qui signifierait que nous ne pourrions plus nous voir… Déjà que je ne devrais pas être là!  

 

Un silence. Les deux protagonistes se regardent.  

 

JULIE ARMAND (en chuchotant)  

S'il te plaît Gérard, je ne veux pas que nous soyons séparés… Je ne pourrais pas vivre loin de toi, je t'aime trop pour cela. Je t'en supplie, empêche ce drame.  

 

GERARD GEORGES  

J'aimerais bien mais pour cela, il existe seulement deux solutions. Où nous nous affichons officiellement ensemble, ce que ton père ne supportera jamais; où je te nomme à un ministère auquel cas les citoyens demanderaient ma démission, au vu de la polémique qu'ils avaient créé lorsque ta sœur aînée avait été engagé par ton père. C'est difficile en somme…  

Une larme coule sur le visage de Julie. Gérard s'approche un peu plus d'elle et l’essuie doucement. Puis en susurrant :  

Mais je ferai de tout mon possible pour que tu puisses rester là, je te le promets.  

 

Julie sourit et passe ses bras autour du cou de monsieur le Président. Elle dépose un léger mais tendre baiser sur ses lèvres puis vient reposer sa tête sur l'épaule de monsieur. Celui-ci ferme les yeux, serre bien fort la fille de son Ministre d'un bras et caresse ses longs cheveux blonds de l'autre. Tout deux se bercent doucement l'un l'autre, profitant de ce moment de tendresse dans le silence le plus parfait…  

Alors Gérard descend doucement ses mains. Elles s'avancent dans des contrées lointaines et mystérieuses, s'approchant dangereusement de lieux interdits. Julie les laisse faire, ce n'est pas la première fois; elle en profite même pour emprunter la bouche de monsieur. Dans le bureau, tout est tendresse et amour.  

 

Soudain, on frappe à la porte. Les deux amoureux sont surpris et arrêtent soudainement leurs caresses. La porte s'ouvre laissant juste le temps à Julie de se libérer des bras de Gérard et de faire un pas en arrière. Une femme (Maria Lima) ayant environ la trentaine se tenait dans le pas de la porte, sans bouger. Elle ne semblait ni gênée, si surprise, ni quoique ce soit d'autre, elle n'avait sans doute rien vu de ce qu'il venait de se passer.  

 

CLEMENCE ARMAND  

Excusez-moi monsieur le Président, j'espère que je ne vous dérange pas.  

 

Gérard eu le tact d'inventer un mensonge, et sortit le plus naturellement possible :  

 

GERARD GEORGES  

Non, absolument pas. Figurez-vous que mademoiselle votre sœur était justement venu ici dans l'espoir de trouver votre père. Mais comme elle peut le remarquer, et vous aussi, il n'est plus ici. Il est retourné dans son bureau je suppose…  

 

CLEMENCE ARMAND (ravie)  

Parfait! Justement Julie, notre père m'a chargé de te dire qu'il t'attendait dans son bureau. Il a quelque chose à te dire je crois.  

 

JULIE ARMAND (la voix légèrement tremblante)  

Très bien, j'y vais de ce pas alors. Monsieur le Président, c'était un honneur. Au plaisir de vous revoir!  

 

Elle part en direction de la grande porte à double-battants.  

 

GERARD GEORGES  

Julie! Attend...ez! Votre père a oublié ceci, pouvez vous lui ramener je vous prie?  

 

Gérard tend un rapport à la jeune femme qui vient le chercher, assez surprise. Le Président en profite pour glisser discrètement un collier doré dans la main de sa jeune amante. Celle-ci rougit très légèrement et sort de la pièce, sa sœur semble encore une fois n'avoir rien remarqué.  

 

CLEMENCE ARMAND  

Et quant à moi monsieur le Président, je venais vous prier de me rendre le rapport G.R. 624 que je vous avais apporté la semaine dernière. Nous avons besoin d'y effectuer une légère modification, comme je vous en avais déjà parlé.  

 

GERARD GEORGES  

En effet, je m'en souviens. Je vous demande deux minutes, je l'ai laissé à côté.  

 

Monsieur le Président se dirige dans la direction opposé de la porte à double-battants et sort de la pièce par une petite porte à battant unique située derrière son bureau.  

 

Clémence, maintenant seul, se parle à elle-même en marchant en rond dans la pièce.  

 

CLEMENCE ARMAND  

Je n'ai pas rêvé, ma sœur était si serré avec le Président lorsque je suis entré… Ces deux-là cachent bien des choses!  

Mais je me dois de les taire. Qu’adviendrait-il de ma sœur si l'on apprenait qu'elle était la maîtresse de monsieur Georges? Elle souffrirait tant ne serait-ce que de voir tous les journaux à sensations – bien que je doute que l'on puisse les nommer «journaux» - relayer leur aventure… Et notre père ne supporterait pas de la savoir dans les bras de celui qu'il considère comme son rival politique et serait capable de la renier voire de lui faire subir pires souffrances! Pour l'amour de ma sœur je dois taire cette histoire.  

Clémence continue de marcher en rond autour de la pièce quelques secondes, puis s'arrête brutalement. Elle reprend la parole, le ton cette fois-ci très dure.  

Mais si je la dénonçais au grand public? Si, par un malencontreux hasard, les torchons à sensations venaient à publier à la Une «La grande histoire d'amour de Gérard Georges et Julie Armand»? Ainsi le peuple perdrait toute confiance en lui, et il pourrait donc dire au revoir à son poste; ainsi notre père perdrait tout amour pour elle, et elle pourrait donc dire au revoir à sa carrière politique. Alors mon père serait en bonne position pour prétendre au pouvoir, et Julie ayant été écartée mon père me choisirait une place d'honneur au sein du Gouvernement.  

De nouveau, Clémence arrête de parler quelques instants. Elle se remet à marcher et reprend, la voix plus faible.  

Mais quelle femme oserait faire cela à sa sœur? Je ne saurais le dire… Patientons sans rien dire, et nous verrons bien comment les choses évolue.  

 

Monsieur Georges revient dans son bureau, un grand rapport sous le bras. Il le tend à mademoiselle Armand qui le prend.  

 

CLEMENCE ARMAND (adresse un grand sourire à monsieur Georges)  

Merci beaucoup monsieur le Président. Je vous ferai lire la modification dès qu'elle aura été apportée!  

 

A son tour, Clémence quitte la salle, le sourire aux lèvres. Alors qu'elle franchit la grande porte, elle croise son père monsieur le Ministre. Celui-ci avance dans le bureau, la mine sombre, sa mallette à la main…  

 

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Mimi Production GM présente: MONSIEUR GEORGES  

Un film de Kane Mochibata.  

Sur un scénario original d'Emilien.  

 

Avec:  

Marc Mesnil – Gérard Georges  

Mylène Martial – Julie Armand  

Robert Angier – Charles Armand  

Maria Lima – Clémence Armand  

 

Musiques composées par Raphael Hemmings.

Scénario : (4 commentaires)
une série A dramatique de Kane Mochibata

Marc Mesnil

Mylene Martial

Robert Angier

Maria Lima
Musique par Raphael Hemmings
Sorti le 16 mai 2037 (Semaine 1689)
Entrées : 21 151 600
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