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Zero Degree Ent. présente
On les appelle Vengeance

Le vent du désert fait se soulever la poussière en vagues régulières, entraînant et faisant rouler les tumbleweeds décharnés dans des courses aléatoires. Son souffle lancinant rapelle la complainte plaintive d’un lointain harmonica.  

Les rayons brûlants du soleil rebondissent sur les épines des cactus, et, égaré dans ces étendues vides, un crâne de vache semble avoir été déposé là comme on érige un trophée. Un Gecko sort de l’orbite de l’animal. Un regard à droite, un regard à gauche, et il file se réfugier sous une pierre, dans un trou que lui seul connait.  

Un manteau de chaleur sèche recouvre le sol aride, si bien qu’il parait inconcevable qu’aucune âme humaine puisse habiter les lieux.  

Au loin, pourtant, une ombre fait son apparition. Très lentement elle se dessine plus précisément au-dessus de la ligne d’horizon.  

Ce sont trois cavaliers qui apparaissent au loin.  

En se retournant, on peut deviner qu’ils se dirigent vers la petite ville de "Lonehole", "Hole sweet Hole" comme disaient il y a bien longtemps ses habitants, juste quelques maisons en bois alignées des deux côtés d’une maigre rue principale, avec son local de sheriff, son croque-mort, et bien entendu son saloon.  

On peut à présent distinguer la poussière qui recouvre les longs manteaux des trois cavaliers, et que leurs visages sont cachés par des foulards qui les protègent de la poussière.  

Une vieille girouette grince sur le toit d’un des bâtiments. Derrière une vitre crasseuse, des regards inquiets scrutent les intrus qui arrivent en ville.  

Les trois chevaux s’arrêtent face au saloon. Une botte quitte un des étriers et se pose au sol. Une main attache la sangle du cheval à la rambarde du saloon. Toujours ce silence seulement perturbé par le bruit du vent.  

A l’intérieur du saloon la clientèle est maigre. Quatre vieux fermiers jouent aux cartes. Deux hommes crasseux au comptoir avalent whikies sur whiskies, le barman essuie ses verres à l’aide d’un chiffon gras, et au coin du bar, le Shériff Josh Malone (Aymeric santer) siffle lentement une bière.  

Une ombre apparait dans l’encadrement, et pousse la porte à battants. Les trois cavaliers pénètrent un à un dans le saloon. Tous les regards se tournent vers eux, sauf celui de Malone. Les trois cowboys se dirigent vers le bar, baissent les foulards qui couvraient leurs visages, pour laisser découvrir, sous leurs chapeaux, un homme et deux femmes.  

« Purée ! On a de la visite !» laisse échapper un des deux poivrots au bar.  

L’homme du trio (Eduardo Ramirez) fait un signe de la main au barman, pour commander trois whiskies. Le barman le dévisage un long moment, une goutte de sueur tombe de son front pour atterrir dans un des verres, puis il s’exécute. D’une main agile, il fait glisser les trois verres sur le bar qui arrêtent leur course face aux trois cavaliers.  

Un des deux poivrots se redresse. Il laisse apercevoir un sourire menaçant tout en dents jaunes et noires. « Attend, dit-il au barman, qui t’a dit qu’on servait les étrangers ici, et qui plus est, les pépées déguisées en hommes ? Si elles veulent boire, il va falloir qu’elles le méritent ! ». Et il fixe une des inconnues (Amiya tagore) droit dans les yeux. En s’attardant sur son regard, on peut y voir un mélange de méchanceté, de bêtise et de provocation. Le côté gauche de ses lèvres bouge dans un petit tic d’excitation.  

Josh Malone, toujours stoïque, fait un pas en arrière et se glisse dans l’ombre.  

« Tu sais qu’ici tout se paye, et c’est moi qui réceptionne la monnaie ! » continue le poivrot en s’approchant d’une des jeunes femmes.  

Les quatre joueurs de carte quitte discrètement le saloon.  

« Je ne la toucherais pas si j’étais vous » l’avertissement d’une voix grave vient cavalier qui sans relever la tête, le visage caché par son chapeau, s’allume une cigarette.  

« Ne pas la toucher, tu te prends pour qui cowboy, si elle veut boire, il va falloir passer à la caisse! » et il pose la main sur un des seins de la cowgirl.  

Il n’a pas le temps de s’attarder sur son geste.  

Dans son dos, son acolyte le voit se raidir, ôter sa main de la poitrine de la femme et tourner doucement. Le second poivrot à une grimace mélangeant terreur et dégoût, son ami qui se tourne vers lui a un couteau planté dans l’œil.  

« Je l’avais prévenu.. » dit le cavalier.  

Pris de panique, le poivrot s’apprête à dégainer son arme. A peine l’a t’il en main, qu’un coup de feu retentit, et une balle vient se loger dans sa main et faire tomber son arme. C’est la seconde cowgirl (Julianne Frayor) qui a tiré. Il pousse un cri de douleur, et s’enfuit en titubant : « On va revenir, et vous allez le payer, toute la ville va le payer ! »  

« Un autre whisky pour moi et mes deux sœurs! » lâche l’inconnu, toujours d’un calme Olympien.  

Josh Malone s’avance vers le trio. « Ecoutez, on ne veut pas d’ennuis avec les étrangers. Alors vous finissez vos whiskies et vous quittez cette ville. On va déjà avoir bien du mal à calmer la bande des frères Johnson quand ils vont revenir venger la mort de Jack. »  

L’inconnu ne dit rien, il avale son second whisky, imité par ses deux comparses, et tourne les talons vers la sortie.  

 

Le trio s’apprête à remonter à cheval, lorsque le Maire de la ville, suivi de deux conseillers surgit et les interpelle. Il baisse son chapeau et le porte contre sa poitrine : « Monsieur, Mesdames, je suis Arthus Pendington, le Maire de cette ville, et voici mes conseillers, Mr Forks et Mr Bluespoon. On vient de m’informer de vos exploits à l’encontre de Jack et Emerson Johnson, et j’aurai une offre à vous faire ! »  

Le trio s’arrête.  

« La bande Johnson va revenir. Et par votre faute, ils vont s’acharner sur nous. Ils nous ont déjà pris toutes les des jeunes filles de la ville de plus de 13 ans, j’ai seulement pu éviter qu’ils n’emmènent mon épouse Emma. »  

Un peu plus loin derrière se tient l’épouse du Maire, une belle jeune femme d’une vingtaine d’années.  

« Ils ont tué mon unique fils qui avait osé s’opposer à eux, et régulièrement ils viennent nous rançonner. D’après ce que l’on m’a raconté, nous pensons que vous êtes les seuls capables de les arrêter, et de nous venger par la même occasion. Débarrassez-nous de ces vermines, vengez-nous, notre prix sera le vôtre ! »  

Le cowboy relève la tête « Vraiment, vous nous paierez ce que nous voulons ? »  

L’air un peu inquiet, le Maire fait un signe d’approbation de la tête.  

« Pendington, vous êtes fou, laissez ses trois étrangers partir, on règlera nos problèmes nous-même ! » C’est la voix de Josh Malone qui résonne devant la porte battante du saloon.  

« Malone, on a vu ce dont vous étiez capable, laissez-moi négocier ! »  

L’inconnu reprend la parole: « Ok, voilà notre prix, et nous vous débarrassons de cette racaille. Pour ma sœur Courtney, un bon bain bien chaud, et du whisky autant qu’elle pourra en avaler »  

Courtney fait un petit clin d’œil à son frère.  

« Pour moi, c’est très simple, je veux l’étoile du sheriff. Si on doit faire la loi, autant que ce soit officiellement! »  

« Quoi? » Josh Malone explose « Vous n’allez pas laisser cet étranger diriger la ville, vous êtes devenus fou Pendington ! »  

Le maire fait un petit signe de la tête: « Allez, Malone, votre étoile! »  

On peut lire une rage folle sur le visage de Malone. Il arrache l’étoile de son gilet et la jette sur le sol, aux pieds de l’inconnu. Et il prend son cheval et quitte les lieux, dans un nuage de poussière rageur.  

L’homme ramasse l’étoile et se l’accroche à la poitrine: « Et vous devrez faire tout ce que je vous demande, sans exception ! »  

Nouvelle grimace du Maire, il se tourne vers ses adjoints qui lui font un signe d’approbatio: « D’accord, sans exception… et votre deuxième sœur, elle ne désire rien? »  

« Clara? demandez-lui… »  

Clara, avec un sourire en coin, fait un signe de la tête vers la femme du Maire, qui lui rend son sourire.  

Le maire explose: « Quoi ? Ma femme ? Vous rêvez, jamais de la vie je ne la laisserai aller avec votre trainée ! C’est hors de question!! ».  

 

 

Clara referme les boutons de son gilet. La femme du Maire est étendue lascivement, entièrement nue, sur son lit. Les deux femmes se sourient, Clara vient déposer un baiser sur les lèvres de sa compagne d’un soir.  

Elle descend les marches et sort de l’hôtel. Dehors, les habitants sont en train de creuser un énorme trou faisant toute la largeur de la rue, sous la direction de l’inconnu.  

« Ca se passe bien,Ed ? » demande Clara.  

« Oui, on a de la chance, cette terre est meuble comme de la farine, on a eu un peu de mal au début, mais à présent ça se creuse tout seul. On va bientôt pouvoir dire que Lonehole porte vraiment bien son nom! »  

Devant le bar, confortablement assise, Courtney sirote avec bonheur une nouvelle bouteille de whisky.  

« On sera prêt avant que les Johnson reviennent? »  

« il faut espérer, sinon on devra improviser! » et ils se tourne vers un des hommes creusant : « creusez plus vite, bande de fainéants, sinon ce trou sera votre tombeau! » et il regarde Carla avec un petit sourire.  

 

La lune est pleine dans le ciel. Bien que la nuit soit à son plus profond, la chaleur est toujours étouffante. Un coyote hurle au loin sa peine. Un peu plus loin, deux vautours finissent de déchiqueter leur proie, un petit Gecko imprudent, qui n’avait pas choisi le bon trou pour se cacher.  

Parker Johnson, le patriarche du clan Johnson allume une cigarette. Il fixe pendant de longues minutes les maigres lumières qui éclairent Lonehole à cette heure tardive. Il est accompagné de ses 6 fils, manque seulement à l’appel le défunt Jack. Emerson regarde une nouvelle fois sa main bandée, ils vont payer cher pour ce qu’ils lui ont fait, à lui et à son frère.  

Parker écrase son mégot contre sa selle, et les 7 cavaliers se dirigent au galop vers la petite ville qu’ils sont bien décidés à mettre à feu et à sang.  

Ils déboulent dans la petite ville en criant et tirant des coups de feu en l’air pour affoler tout le monde, mais arrivés au centre de la rue principale, ils arrêtent leurs chevaux. Pas un bruit. Personne ne sort. Etrange, ils devraient tous être en panique.  

Emerson s’apprête à descendre de son cheval et entrer dans une maison au hasard pour tout détruire, lorsque derrière lui, un coup de feu retentit. Les six frères et le père se retournent. Au centre de la rue se tient Edward, l’étranger, entouré du Maire et d’une dizaine d’habitants alignés, armés jusqu’aux dents. Sur les toits, à droite Clara et à gauche Courtney, visent le groupe de bandits avec leurs fusils  

« Tu crois que tu me fais peur étranger? Et vous Pendington, vous mesurez les risques que vous prenez?» Lance Parker en direction du Maire. Il jette un œil autour de lui. Au lieu de les encercler, ces idiots se sont tous mis du même côté de la rue. Il est sûr d’avoir affaire à des débutants.  

Edward lève le bras. Parker réagit très vite, il va leur demander de tirer, il faut se replier avant de ré-attaquer. Il lance à ses hommes: « Reculez! ».  

Les Johnson, Parker y compris, s’exécutent et tournent les talons pour trouver un endroit ou se replier quelques instants. Mais en bougeant dans la direction opposée d’Edward, les sept chevaux et leurs cavaliers tombent dans l’énorme trou qu’avaient creusé les habitants dans l’après-midi. Des piquets de bois acérés positionnés en fond du trou transpercent les chevaux, et quatre des six fils. Emerson pousse à nouveau un cri de douleur, sa jambe est venue s’empaler sur un des piquets. Parker et Jeremiah, son seul fils valide restant, prennent leur armes et tirent un peu à l’aveuglette, sans succès.  

Dans le trou, c’est un véritable massacre, les sept chevaux sont transpercés, certains ont encore quelques spasmes. Un des chevaux pousse un long cri déchirant avant de s’éteindre. Pour les fils Johnson, ce n’est pas mieux. Trois sont morts sur le coup, le corps ou le visage transpercés. Un dernier, encore en vie, tente de s’extirper du pieu qui lui traverse l’abdomen. La lutte ne dure que quelques instants, et il rend l’âme après un ultime effort.  

Jeremiah, comme pris de folie, continue à tirer à l’aveugle en direction de la surface du trou, quand soudain, il s’immobilise, figé. Son père aperçoit l’énorme trou au milieu du front que vient de lui faire Courtney d’un tir précis de carabine.  

Sans voir le visage de celui qui lui parle depuis la surface du trou, Parker entend la voix de Ed: « Johnson, jetez moi tous vos revolvers, sinon nous vous laissons moisir là, jusqu’à ce que les vautours viennent déguster ce qu’il restera de votre vieille carcasse. »  

« Pas question, plutôt mourir ! »  

« Vous peut-être, mais si on commençait par le seul fils qui vous reste, tu en penses quoi Emerson ? »  

Emerson, souffrant toujours le martyre: « fais ce qu’il dit, Pa, de toute façon, on est plus que nous deux! ».  

A regrets, Parker Johnson s’exécute, et lance uns à uns, à la surface du trou son revolver et ceux de ses fils. Revolvers qui sont récupérés par Carla et Courtney.  

« Celui dans ta botte aussi, Parker! ». Parker fulmine, mais s’exécute, et lance le dernier revolver.  

A la surface du trou, les hourras fusent. Les habitants lancent leurs chapeaux, tirent des coups de feu en l’air, crient en riant, certains se jettent dans les bras de leur voisin.  

Le maire se tourne vers Edward: « Merci, un immense merci Sheriff, je ne saurai jamais comment vous remercier suffisamment pour ce que vous venez de faire! ».  

Edward fixe le Maire dans les yeux: « Attendez, je ne vous ai pas encore expliqué tout ce que vous aviez à faire! »  

«Je vous ai dit que nous accepterions tout ce que vous voulez, sans exception, et je suis un homme de parole! ». répond le maire, un peu trop précipitement.  

 

 

 

Edward se souvient de cette nuit, cette nuit où lui et ses deux sœurs avaient réussi à se cacher. Il se souvient comment son père et sa mère avaient été emmenés en pleine nuit par ces hommes, sous l’œil inerte de Arthus Pendington et de toute la ville au complet.  

Oh, ils n’avaient pas tous participé à la pendaison. Mais tous y avaient assisté, et pas un n’avait bougé, ils avaient laissé les parents se faire passer la corde au cou.  

Ils étaient tous complices.  

Et Edward se souvient du dernier regard que lui avait lancé sa mère, avant que l’âne sur lequel elle était perchée n’avance et que son corps ne se balance dans le vide.  

Edward se souvient, ou peut-être l’a-t’il imaginé, que certains habitants avaient même applaudi!  

Il s’était levé dans un dernier espoir, et avait tenté de tirer sur la corde au bout de laquelle pendait sa mère. Sans succès. Il n’y a que les tireurs professionnels qui peuvent réussir pareil coup.  

Après le coup de feu, il avait été obligé de fuir avec ses deux sœurs pour ne pas être rattrapé par les habitants. Dieu seul sait ce qu’ils leurs auraient fait !  

Edward se souvient qu’il s’était promis à cet instant précis de se venger.  

 

 

 

« Je vous ai dit que nous accepterions tout ce que vous voulez, sans exception, et je suis un homme de parole! ».  

« Et bien vous allez commencer par tous nous donner vos armes! ».  

« Hein, quoi… vous êtes sûr? » Le Maire est aussi surpris qu’inquiet.  

Mais Clara et Courtney récupèrent les revolvers et fusils de tous les hommes qui ont participé à la scène.  

Une fois toutes les armes récupérées, Edward fait un signe de la tête à Pendington et à tous les hommes de la ville: « Descendez tous dans le trou maintenant ! Seules les femmes et les enfants restent à la surface! »  

Mouvement de panique dans les rangs, certains cherchent à s’enfuir, mais Courtney, d’un coup de feu en l’air rappelle tout le monde à l’ordre. Et tous les hommes commencent à descendre dans le trou, le Maire fermant la marche. Ils rejoignent Parker Johnson et Emerson, qui eux non plus ne comprennent pas vraiment la situation.  

« Combien de temps allez-vous nous laisser là-dedans? » demande-t-il une fois en bas.  

« Autant de temps qu’il ne faudra pour que vous mesuriez l’importance de ce que vous avez fait, ou plutôt de ce que vous n’avez pas fait! »  

« Mais nous allons mourir de soif et de faim, ici! »  

« C’est le but, vous aurez peut-être soif, mais vous avez amplement de quoi manger ! »  

Et Edward retourne vers le saloon avec Clara, laissant Courtney faire le premier tour de garde.  

Ils n’ont pas vu qu’au loin dans l’ombre, Josh Malone a observé depuis le début tout ce qu’il s’est passé lors de cette nuit mouvementée.  

 

Scénario : (2 commentaires)
une série B d'action de Virginia Horn

Eduardo Ramirez

Julianne Frayor

Aymeric Santer

Amiya Tagore
Musique par Renee Dessau
Sorti le 12 novembre 2044 (Semaine 2080)
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