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Pamya Prod présente
Embrasement et Extinction

Thème musicale de la scène d’introduction :  

Thème mélancolie de Damien Saez.  

https://www.youtube.com/watch?v=trO2eQTr9Ao  

 

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Et voilà. Encore cette phrase, toujours la même. Si l’on me demandait les mots les plus durs que l’on m’ait un jour prononcé, sûr ce serait ces trois-là.  

Ca va aller.  

Huit mois qu’on me les répète en boucle. Huit mois. C’est long, huit mois. Au début ça ne me faisait rien, ou si peu. Et puis on me les a répétés, encore et toujours, inlassablement. Comme si ces neuf lettres suffiraient à me faire aller bien, à me faire aller mieux. Mais il n’en fut rien. Et ce rien commence à devenir pesant, toujours plus lourd. Car à chaque nouveau Ca va aller, j’entends en réalité Encore un jour où ça ne va pas, un jour de plus depuis que s’est éteinte ta flamme. Et rien ne m’est plus douloureux que le souvenir de ce temps depuis lequel ma vie s’est figée.  

Depuis huit mois je ne me lave plus, je ne me rase plus, je ne me coiffe plus mais qu’importe puisque jamais je ne sors. Je préfère attendre. Attendre des jours meilleurs qui sont pourtant derrière moi, attendre des amis qui ne me connaissent pas, attendre son retour qui ne viendra pas. Je ne ris plus, je ne souris plus, je ne parle plus mais qu’importe puisque les autres m’ignorent. Je préfère pleurer. Pleurer ces idylles qui n’existent que dans les contes d’autrefois, pleurer ces souvenirs d’une époque déchue où nous étions Rois, pleurer cet empire vaincu qui jamais ne renaîtra. Je ne dors plus, je ne mange plus, je ne vis plus mais qu’importe puisque je suis déjà mort. Je préfère aimer. Aimer celle qui fut un jour Reine avec moi, aimer celle qui fut lumière dans l’obscurité pour guider mes pas, aimer même si elle aime un autre Roi.  

Huit mois que je déambule seul dans ce qui fût jadis le plus beau des palais. Il n’en reste qu’un triste studio hanté par les fantômes d’un passé pourtant pas si lointain. Où sont donc passés tous les symboles impériaux que nous chérissions tant ? Le trône sacré où nous célébrions avec ardeur la toute puissance de feu notre empire n’est plus qu’un vulgaire lit où je me perds, la salle des trophées où nous exposions fièrement nos richesses n’est plus qu’une simple étagère où s’entassent des souvenirs aussi morts que moi, et les larges fenêtres qui donnaient sur notre royaume, cette ville de toutes les idylles, ont désormais volets fermés. Même les murs semblent parfois avoir perdu leur éclat d’autrefois. Seul au milieu de ce triste paysage, reste mon piano, dernière lueur face à l’obscurité.  

Huit mois de vide que seule la musique a réussi à combler. Le passé n’est plus, les idéaux sont à terre, les amis sont partis et l’amour à disparu ; mon piano, mes partitions et mon inspiration sont restés. Peut-être devrais-je à mon tour l’abandonner et partir vers des contrées lointaines où mon âme serait enfin libérée de ses tourments ? J’y pense parfois. J’y pense souvent. Après tout, je n’ai jamais su comprendre ce rôle qu’on nous tend, je n’ai jamais su trouver ce bonheur qu’on nous ment, je n’ai jamais su accepter cette vie qu’on nous vend. J’ai toujours cherché plus loin, comme s’il y avait autre chose par-delà les brumes obscures de nos vies, au risque de me perdre entre spleen et idéal. Je pensais avoir trouvé la lueur merveilleuse qui me guiderait dans cette quête impossible, mais je ne sus l’aimer convenablement et la voilà partie pour un autre voyage moins romantique mais bien plus terre-à-terre. De nos jours, les idéalistes n’ont plus leur place dans le monde.  

Alors si ce monde n’est plus pour moi, je partirai. Mais pas avant que je n’aie donné mon dernier combat. Il est venu temps pour moi de livrer l’œuvre ultime. L’œuvre d’une vie. Une heure vingt de piano pour narrer la déchéance de celui qui fut un jour Roi. Deux CDs pour conter comment le monde, les Hommes et l’amour peuvent avoir raison des rêveurs, des romantiques et des idéalistes. Un double-album pour un dernier cri de désespoir.  

Embrasement et Extinction.  

Mais pour cela, je dois me souvenir une dernière fois de ce que fut ma vie. Des premières étincelles aux dernières braises… Aux dernières cendres…  

 

********************** CD1 : L’embrasement **********************  

 

La suite du film est accompagnée de thèmes au piano composés par Rick Manchini dans le style du Thème mélancolie de Damien Saez, et correspondant aux thèmes que composent le narrateur.  

 

Piste 1 : Première Lueur  

Mon histoire commence quelques années en arrière, à ma rentrée au lycée. Bien sûr il y eut quelques belles années avant cela – une enfance somme toutes assez banale et un début d’adolescence un peu compliqué – mais rien de suffisamment marquant pour faire partie de mon récit.  

Ainsi donc ma vie commence quelques années en arrière, à ma rentrée au lycée. J’étais un jeune adolescent plein de doutes, de craintes et d’angoisses ; je n’avais aucune confiance en moi et me réfugiais dans la solitude par peur des autres. A cette époque déjà, je ne comprenais pas quelle était ma place dans ce monde ; à la différence près que je ne savais pas encore que cette question me hanterait pour toujours.  

Bien décidé à m’intégrer dans ce nouveau monde qui s’ouvrait à moi, je me battis pour vaincre ma timidité naturelle et me faire de nouveaux amis. Vous savez, ceux-là qui restent pour la vie, qu’on revoit à 80 ans en se remémorant le bon temps du lycée, des filles et des premières bières. Ceux-là qui sont prêts à tout pour vous sauver la vie ou la mise après que vous avez séché une heure de philo. Ceux-là qu’on nomme les vrais amis. C’est ainsi que je rencontrerai Pierre et Léa, des vrais amis qui sortiront de ma vie bien avant mes 80 ans, chacun à leur manière. Mais j’y reviendrai plus tard.  

Car c’est une autre rencontre qui marqua ma rentrée au lycée. Une rencontre qui allait bouleverser ma vie à tout jamais. Lorsque je la vis pour la première fois, nous étions en cours de langues. Elle était assise devant moi mais je ne lui avais pas prêté attention. Elle n’était pour moi qu’une simple lueur parmi tant d’autres au milieu de cet obscur nouveau monde. Ni plus ni moins qu’une inconnue de plus à qui je ne parlerai jamais. Mais elle en avait décidé autrement. Elle se retourna dans ma direction, plongea ses yeux verts dans les miens et, sans un mot, me tapota le genou de son parapluie.  

- Qu’est-ce que tu fais ?  

- Rien du tout !  

Elle était intrigante – bizarre serait plutôt le mot que j’aurais choisi à l’époque, mais qu’importe. Elle était intrigante disais-je, avec son style Lolita aux tendances gothiques, son sac à dos panda et ses longs cheveux bruns parfaitement lisses. Pour un garçon aussi banal et discret que moi, cette extravagance était des plus déconcertantes, et j’étais bien décidé à ne pas m’attarder dessus. Mais une fois encore, elle en avait décidé autrement. De nouveau son parapluie me tapotait le genou gauche.  

- Mais quoi ? Qu’est-ce qu’il y a ?  

- Je m’amuse, c’est tout… Pourquoi, ça t’embête ?  

- Je… sais pas, non. Je comprends pas c’est tout.  

Je comprenais surtout qu’elle était de ces autres qu’on dit extravertis. Ces autres qui n’ont pas peur des autres. Ces autres qui ont un brin de folie et qui aiment la vie. Ces autre d’un autre monde que le mien. Du moins c’est ce que je croyais comprendre, car la réalité était – car la réalité sera – tout autre.  

Je ne me doutais alors pas qu’elle serait Reine à mes côtés et que nous construirions ensemble un empire aujourd’hui déchu. Ni qu’elle deviendrait la plus merveilleuse lueur au milieu du sombre univers que serait ma vie, avant de disparaître, me laissant seul dans l’obscurité. Encore moins qu’elle était sur le point de m’allumer pour ensuite m’éteindre quelques années plus tard.  

 

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Pamya Prod présente : Embrasement et Extinction.  

Un drame de Angela Ford.  

Sur un scénario de Emilien.  

 

Avec :  

Sebastian Strode – le narrateur  

Harley Sullivan – la lueur merveilleuse  

Mike Powell – Pierre  

Sigrid Dahlgren – Léa  

 

Bande-originale de Rick Manchini.  

Thème d’introduction : Thème mélancolie, Damien Saez.  

https://www.youtube.com/watch?v=trO2eQTr9Ao  

Thème de la scène finale et du générique : Tristesse, Damien Saez.  

https://www.dailymotion.com/video/x5eiqlo  

 

Durée : 1h47.  

Scénario : (2 commentaires)
une série B dramatique de Angela Ford

Sebastian Strode

Harley Sullivan

Mike Powell

Sigrid Dahlgren
Musique par Rick Manchini
Sorti le 28 janvier 2056 (Semaine 2665)
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